Beaucoup de
monde pense que les Norton JPS sont des modèles de
la gamme Norton spéciaux,
un peu ‘coursifiés’ . Machines et Moteurs en a d'ailleurs déjà
restauré. Mais la vérité sur les JPS course d'usine est
en réalité beaucoup plus compliquée. La véritable histoire des
Norton John Player Répliqua commence en 1970 lorsque Norton décide
de participer au challenge ‘750 Production class’.
La
naissance des JPS
L’usine
choisit 2 ingénieurs : Norman White et Peter Williams. Peter
est à la fois ingénieur et pilote essayeur. Il a été embauché
en 1968 dans l’équipe des dessinateurs projeteurs de l’usine.
En 1970 le jeune ingénieur est choisi pour dessiner un nouveau
châssis qui doit être léger et surbaissé. L’isolastic Norton,
se doit d’être conservé et être le même que sur les modèles
de série. Marketing oblige…
Ces
machines sont des 750 Commando dérivées de la série et très fortement
préparées. Elles apparaissent en 1970 et seront produites en toute
petite série jusqu'en 1971 sous le nom de ‘Production Racer’.
En course les résultats sont tout de suite prometteurs, avec Peter
comme pilote et metteur au point. En Décembre 1970 le patron de
Norton, Dennis Poore annonce la participation de Norton et de
son nouveau Sponsor officiel, le cigarettier John PLAYER, à la
saison 1972. John Player est également à la même époque
le sponsor de l’écurie de formule 1 LOTUS.
Inauguration
à Daytona en 1972
La
décision est prise
de participer aux célèbres 200 milles de DAYTONA. Pour la saison
1972 les moteurs Commando sont préparés : Une boîte QUAIFE
5 vitesses, une paire d’Amal Grand Prix, des roues de 18’, une
fourche Norton raccourcie sont montés. Pour Daytona un maximum
de pièces de séries doivent être utilisées (règlement de l’AMA
oblige). Des essais en soufflerie sont effectués, la moto atteint
un bon 150 mph (241 km/h). Malheureusement les motos deux temps
concurrentes dépassent les 170 mph sur le ‘Banking’. La course
sera de courte durée pour la Norton car la boîte de vitesse
lachera !
Le
Team Player se concentre alors sur le match anglo-américain. Un
nouveau système d’échappement est testé, des Amal concentriques
remplacent les GP, un vilebrequin d’une seule
pièce en acier forgé EN24 est mis au point, les 78 chevaux
sont bien là. Une culasse 8 soupapes dessinée par le préparateur
PIPER est également essayée mais sans suite. Malheureusement les
mêmes problèmes de boîte éliminerons encore Norton au TT
1972.
Peter
trouvera enfin une solution à ces problèmes. Le porte-à-faux
de la transmission primaire (embrayage et chaîne triplex) est
trop important ce qui entraîne une flexion sur l’arbre principal,
ce qui fait forcer le pignon de cinquième et entraîne sa casse.
Williams décide de monter un palier équipé d’un roulement supplémentaire
entre le pignon de sortie de boîte et la cloche d’embrayage.
Les casses de boîte cesseront alors immédiatement… .
1973.
Victoire à l’Ile de Man.
Pour
la saison 1973 un cadre monocoque
en tôle d’acier, découpé, plié puis soudé est utilisé.
Technique tout récemment utilisée à l’époque en compétition
automobile pour les châssis de monoplaces et de prototypes, en
opposition aux châssis tubulaires. Cette technique trotte dans
la tête de notre ingénieur depuis un moment. La coque contient
le réservoir d’essence dans sa partie inférieure, le réservoir
d’huile est installé à l’avant du moteur pour abaisser un maximum
le centre de gravité. Le nouveau châssis fait merveille.
Les
John Player Spécial répliqua.
Pour
célébrer sa victoire de 1973 à l’île de Man, Norton décide de
sortir un modèle ‘John Player répliqua’. Cette moto est une 850cc
Commando de série sur laquelle sont installés un carénage et une
selle monoplace aux couleurs du fabriquant de tabac (blanche rouge
et bleu). Sont montés des commandes reculées ainsi qu’un double
optique, mais le moteur, lui, reste inchangé par rapport à l’origine.
Le
chiffre de leur production est incertain, il en aurait été produites
entre 200 et 250 unités. Les numéros
aussi sont incertains…
1974.
Un dernier essai.
La
saison 1974 sera catastrophique. Pourtant un nouveau moteur a
été développé.
Il
s’agit d’une version course courte du 750. Un nouveau vilebrequin
de 80,4 mm de course associé aux pistons de 77 mm d’alésage du
nouveau 850 Roadster est essayé. Un nouveau cadre en tubes d’acier
reprenant les mêmes dimensions que le précedent est dessiné par
Robin Clist et John Mac Laren. La technique chère à Peter est
abandonnée. La raison invoquée est le manque d’accessibilité de
la version précédente désastreuse lors des réglages et interventions
sur les circuits. La vraie raison tenant plus d’un conflit entre
les ingénieurs et la pression du sponsor voulant imposer son choix
technique et commercial.
Mais
décidemment Williams n’aime pas ce nouveau châssis. Le réservoir
d’essence qui est installé dans la partie arrière rend la moto
beaucoup moins maniable que l’ancienne. Malgré le nouveau moteur
plus puissant, des pneus plus performants, les chronos sont moins
bons que la saison précédente…Les résultats s’en ressentent, John
Player arrête de sponsoriser le team en Octobre 1974...
Norton
essaie un nouveau moteur développé par Cosworth… Mais
ceci est une autre histoire.